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samedi 12 décembre 2015

Valls, pouvoir et guerre civile.


Pas envie d'écrire ! Juste envie de vomir !
Le premier ministre de La France nous menace d'une future guerre civile, si le FN est élu. Et il a l'air d'aimer attiser le feu notre petit Caudillo national. Dans la circonstance, il a utilisé le verbe pouvoir : le FN "peut" conduire à la guerre civile. Après Sarkozy, c'est encore lui qui déclarait "le FN n'arrivera jamais au pouvoir". Ils sont vraiment obsédés par le mot pouvoir, c'est très révélateur.
Je doute que les 12% de français en âge de pouvoir voter et ayant choisi le PS au premier tour des régionales, soient disposés à prendre les armes pour défendre les idées belliqueuses de leurs incapables chefs. Pour se battre contre qui ???
Photo Ouest France

Mais lisons plutôt le coup de gueule de Périco Légasse
dans le Figaro.



Manuel Valls a parlé ce matin de guerre civile?
Un peu facile de crier au loup pour sauver les meubles et de prédire le pire pour remonter dans les sondages. Faire peur, en appeler à la panique nationale, quitte à mentir un peu et à trahir beaucoup, pour détourner la colère populaire, c'est la base même du fascisme. Quelle est la politique qui peut aujourd'hui conduire à la guerre civile? Qui est au pouvoir depuis 40 ans en général et 4 ans en particulier et nous a conduit à la situation actuelle? Qui s'est essuyé les pieds sur le référendum de 2005 quand 55% des Français avaient voté non à un traité constitutionnel mettant l'Europe sous l'emprise de Goldman Sachs et des marchés financiers dirigés depuis Wall Street? Qui a réduit l'école de la République à une machine à fabriquer des analphabètes? Qui a maintenu la suppression du service national pour que l'on ne mesure pas concrètement le niveau d'ignorance de la jeunesse? Qui a éradiqué la classe paysanne en laissant un syndicat agricole transformer nos campagnes en usines? Qui a installé sur tout le territoire des cités ghettos où l'en entasse l'immigré pour qu'il ne s'émancipe pas et devienne de la main d'oeuvre bon marché pour le patronat? Qui a autorisé les grandes surfaces à coloniser les grandes agglomérations et à s'emparer de 90% du marché de la consommation en étranglant les petits producteurs et les artisans créateurs d'emploi? Qui a autorisé la grande distribution à s'installer dans les centre ville, avec la bénédiction de M. Macron, pour éradiquer les derniers commerces de proximité?
On ne peut pas imputer tous ces échecs au seul premier ministre!
Qui avait dans ses rangs Jérôme Cahuzac au Ministère du budget? Qui appelle à voter pour les amis de Patrick Balkany et consorts au prix de la démission de ses militants? Qui fut si proche de Dominique Strauss Kahn en fermant, des années durant, les yeux et les oreilles sur des comportements indignes? Qui a supprimé les 60.000 places de prison qui devaient permettre à une population carcérale d'avoir des conditions moins inhumaines de détention pour ne pas transformer les cellules en école du crime? Qui a applaudi l'intervention en Libye avec les intellectuels de gauche pour faire de ce pays le futur Etat Islamique de l'Afrique du Nord? Qui au lendemain du 7 janvier a refusé de parler d'islamisme pour ne pas stigmatiser une religion? Qui après le 7 janvier a refusé de rétablir les contrôles aux frontières et dans les aéroports pour ne pas créer un climat d'insécurité? Qui au lendemain du 7 janvier a refusé d'intervenir dans les mosquées où des imams intégristes prêchent quotidiennement leur haine de la France? Qui s'acoquine et vend son âme contre les deniers du Qatar et de l'Arabie Saoudite? Qui refuse d'interpeller publiquement la Turquie à propos du pétrole de contrebande qui enrichit Daech? Qui a refusé de discuter avec la Russie pour étudier les moyens de combattre ensemble le terrorisme islamique? Qui a démantelé les services secrets au Ministère de l'Intérieur pour créer une cellule de statistique sur la baisse de la criminalité en France, empêchant des milliers de fonctionnaires compétents d'être sur le terrain? Qui n'a pas rétabli la police de proximité déconstruite par Sarkozy, seul instrument efficace de prévention contre la délinquance? Qui a laissé des lignes de bus du réseau nord de la RATP aux mains de militants islamistes? Qui durant le discours au Congrès de Versailles le 16 novembre n'a pas une seule fois utilisé le mot islamiste? Qui a promis une baisse assurée du chômage pourvu que l'on accepte de renoncer aux promesses électorales de la campagne présidentielle de 2012? Qui nous a vendu en grandes pompes une COP21 retentissante pour sauver le climat de la planète et qui va finir en flop magistral? Qui rackette les PME, les artisans, les commerçants avec le RSI? Qui saigne les classes moyennes avec une fiscalité qui appauvrit le pays et décrédibilise l'Etat? Qui, enfin, est entrain de négocier en douce et à l'insu des peuples le Traité transatlantique (TATFTA) qui veut mettre l'Europe à genoux devant le marché américain? Qui, qui, qui?
Vous balayez tout le spectre politique et géopolitique, il parlait en l'occurrence du Front National…
Qui veut la guerre civile? Celui qui s'accroche par tous les moyens à un pouvoir honni et discrédité ou 30% d'un électorat (+ 45% d'abstentionnistes) qui essaye de faire comprendre aux gouvernants de ce pays, qu'il n'en peut plus, qu'il n'en veut plus et qu'il est exaspéré d'avoir voté pour des menteurs et des tricheurs? Le meilleur moyen d'éviter la guerre civile, Monsieur le Premier Ministre, c'est de vous excuser d'avoir conduit ce grand pays là où il en est aujourd'hui et d'en tirer les conséquences politiques. Vous avez tout fait pour que cette partie du peuple Français en arrive à ce degré d'indignation et son égarement vous sert. Vous êtes le meilleur allié et le principal pourvoyeur en voix du Front National. Vous n'êtes pas habilité à donner des leçons de morale à ceux que vous avec jetés dans le désespoir. Silence Manuel! Et un peu de pudeur en ces heures difficiles. La guerre civile, c'est de votre discours dont elle se nourrit.
Félicitations Monsieur Légasse.
DD

dimanche 26 avril 2015

Les précieuses ridicules : Le retour.

Molière se serait sans doute régalé de la vanité de ces beaux esprits qui nous énoncent des formules absconses qui semblent faire saliver notre ministre de l'éducation nationale.
image Paris Match
Le Conseil supérieur des programmes, accoucheur de ces textes gags censés éclairer les profs, semble avoir fumé la moquette réfléchi en profondeur la formulation chère à Nicolas Boileau qui disait "ce qui se conçoit bien s'énonce clairement".

A moins d'être totalement hermétique à la langue française, tout le monde peut comprendre cette nébuleuse phrase qui nous demande de "traverser l'eau en équilibre horizontal par immersion prolongée de la tête", trop simpliste d'utiliser le verbe nager, et si l'on ajoute "dans un milieu aquatique profond standardisé", on comprend tout de suite qu'il ne s'agit pas de nager dans une rivière, un lac ou en pleine mer, mais dans une piscine, pas n'importe quelle piscine bien sûr il faut de la profondeur. Et là on en a de la profondeur ! Rien qu'en lisant cette phrase vous pourriez vous noyer.

Savourons avec délectation cette petite perle de vanité qui nous invite, en bombant le torse, à "aller de soi et de l'ici, vers l'autre et l'ailleurs" Serait-il possible de faire plus prétentieux pour parler de l'apprentissage d'autres langues ?

Celle-ci a dû leur coûter quelques insomnies à nos sbires du Conseil supérieur, jugez plutôt, il s'agit de "conduire, en milieu naturel ou artificiel, un déplacement rapide, économique, sécurisé". Peut être doit-on comprendre que la ligne droite est le plus court chemin entre A et B à condition de ne pas être ivre comme devait l'être l'auteur de cette vacuité.

S'il vous arrive de vous faire agresser, dans la rue par exemple, l'éducation nationale vous invite à "créer de la vitesse" pour semer les importuns.

Savez-vous ce que signifie "l'élaboration de cartes mentales pour mémoriser, structurer, synthétiser, rapporter"? Est ce que cela pourrait avoir un lien avec le poker ? Je donne ma langue au chat !

Pour en finir avec cette dérive de la langue française je cite ici la réaction à chaud de mon neveu, prof de sport : "moi prof de ballon, moi pas comprendre".

Comme nombre de mes amis, je suis accablé que des gens qui se croient sérieux osent un tel charabia. Sans doute s'agit-il pour ces pédagogues de se persuader de leur haute culture et de leur importance. Que le pouvoir politique avalise leurs excentricités les renforce dans leur présomptueuse arrogance. Ceci est à l'image de Najat Valaud Belkacem, grande spécialiste de la langue de bois, et de son incompréhensible ministère.
Le démantèlement de l'éducation continue par un savant saccage des programmes. En sixième, les classes bilingues et les classes européennes vont disparaître. Le latin et le grec seront supprimés, l'allemand va rejoindre le même wagon. Effectivement ces matières paraissent plus élitistes, elles doivent donc dégager. Nivelons toujours plus bas pour satisfaire à l'égalité dans la médiocrité. Madame la ministre va s'étonner de l'engouement de certains pour l'école privée, mais elle porte sa part de responsabilité dans la dévalorisation des établissements publics. Aujourd'hui, place à l'improvisation façon Debouze, la nouvelle référence de nos politiques. C'est certainement cela la méthode "spiralaire" voulue par nos pédagogues.

Il est grand temps qu'un Gorgibus sensé remettent ces précieuses ridicules à leur place et les fasse disparaître en leur lançant cette apostrophe "Allez vous cacher, vilaines, allez vous cacher".

jeudi 15 janvier 2015

La chasse aux sorcières

Je ne suis pas Nathalie !


1984 a été un peu décalé dans l'échelle du temps, mais on s'en approche doucement.


Nous sommes Lundi 12 Janvier 2015 sur France 2. La journaliste Nathalie Saint Cricq responsable politique de la chaîne, interrogée par Elise Lucet au journal de 13 h sur la marche républicaine a profité pleinement de sa liberté d'expression pour déclarer qu'il était temps de restreindre sérieusement celle des 95 % de français n'ayant pas participé à cette grande fête du bien-vivre-ensemble.
"C'est justement ceux qui ne sont pas Charlie qu'il faut repérer, ceux qui, dans certains établissements scolaires ont refusé la minute de silence, ceux qui balancent sur les réseaux sociaux et ceux qui ne voient pas en quoi ce combat est le leur. Eh bien ce sont eux que nous devons repérer, traiter, intégrer ou réintégrer dans la communauté nationale"

Merci de m'aider Nathalie, j'ai commencé une petite liste de 63 millions de personnes à réintégrer, je ne sais pas si j'aurai terminé avant 1984. 

Tiens en parlant de millions, nous n'avons ni vu ni entendu le sacro-saint décompte police contre décompte manifestants. Derrière moi, on me souffle qu'il ne faut pas en parler, les chiffres officiels sont les vrais chiffres ; constatation indiscutable, il s'agissait bien d'une énorme majorité.

La journaliste a parfaitement résumé sa doctrine sectaire dans les deux petites phrases ci-avant.
Annoncerait-elle l'arrivée d'un maccarthysme à la française ? En tout les cas ça y ressemble, tant les intégristes de la laïcité ont réclamé haut et fort des mesures restrictives pour justifier la lutte contre le terrorisme.

Concernant les écoutes téléphoniques, la surveillance en prison, la présence policière sur le terrain... Selon Nathalie Saint Cricq il faut que "toute la gauche assume son véritable tournant sécuritaire et que la droite prenne le risque de la soutenir sans jouer la surenchère"
Big Brother frappe à la porte ! Alignez-vous tous, je ne veux voir qu'une seule tête ! Oseriez vous penser autrement - nous allons vous reformater à la doctrine sécuritaire imposée parce que nécessaire -
N'oubliez pas les trois verbes chers à Nathalie :
- repérer = surveiller = épier = cerner
- traiter = manipuler = conditionner = transformer
- intégrer = incorporer = concentrer = amalgamer

Si effectivement on doit se prémunir contre le terrorisme, on doit aussi se préserver du sectarisme et de cette surenchère sécuritaire qui va, ne l'oublions pas, nous rogner sérieusement notre liberté d'expression.
On devrait rapidement pouvoir envoyer les élèves déviants en maison de correction, on peut compter sur Najat Valaud Belkacem pour apporter des solutions à tous ces dérapages.

Comme on parle d'apologie du crime ou d'incitation à la haine, je joins ce petit post bisounours d'un fils de l'ancien ministre de l'éducation nationale. 
Le commentaire du rejeton (qui doit avoir de bonnes notes en français) ne concerne pas les acteurs de la marche dite républicaine, il voulait seulement pendre les participants à la manif dite pour tous. Ouf ! Il a eu chaud le garnement.
S'agit-il d'une bêtise estudiantine ou d'une provocation d'un intégriste laïque ?


Dd

jeudi 25 septembre 2014

Encore les syndicats.


Je sais qu'il est difficile de dire ici tout le mal qu'on peut penser des syndicats, mais tant pis, l'occasion est trop belle d'en remettre une petite couche.
Je profite donc de cette occasion pour dire mon désaccord total avec la grève lancée par les syndicats CGT, Sud Rail et UNSA de la gare Saint Lazare, pour défendre un petit groupe de collègues inconscients voire dangereux pour les usagers. Ces mêmes syndicats si prompts à condamner, fort justement, leurs employeurs quant ils négligent la sécurité des personnes qu'ils transportent, devraient de la même façon condamner les agissements irresponsables de ces individus.
Accident de Bretigny sur Orge

Petit rappel des faits : dans une vidéo, filmée par un de leurs collègues, un dimanche soir de février 2013, on y voyait des agents rigolards boire un cocktail rhum-piment-citron dans la salle de repos. L'un d'eux, à son poste d'aiguillage, disait avoir oublié de « clignoter » un train entrant sur un quai occupé. Conséquence, huit agents sont sanctionnés : apparemment normal !

Mais non ! Ces syndicats, aussi déraisonnables qu'imbéciles, décident de prendre les usagers du train en otages pour une cause indéfendable. Un minimum de respect pour ces gens qui doivent eux aussi aller travailler et qui participent à leur garantir leurs fins de mois.
J'imagine bien les usagers des trains ; pour pimenter leur déplacement, faire cuire des crêpes dans les compartiments et les arroser de rhum. Ah ! Mais c'est interdit... Pourtant ces usagers ne sont pas au travail, ils n'ont pas eu le temps de déjeuner avant de monter dans le train pour se rendre à leur boulot.

Les syndicats précités, vous vous êtes trompés de victimes : les utilisateurs de vos trains n'ont pas participé à la petite fiesta-crêpes-rhum, c'est pas eux les coupables. Vous voulez sans doute que les usagers du train respectent les consignes et respectent les cheminots, alors faites de même, respectez le règlement et respectez les voyageurs.
Malgré que ce fait soit marginal, comme affirmé par la direction de la SNCF, nul ne doit passer à coté de la sanction. Personnellement, lorsque j'ai mérité une sanction, et même si celle-ci me paraît sévère, je ne prends personne en otage ; tout juste quelques amis vont partager mon mécontentement et me dire « c'est bien fait pour ta g....., la prochaine fois tu feras gaffe ».

Dd

vendredi 18 juillet 2014

Mon cher Papy


Je voulais juste faire partager ce petit texte, éloge d'une fille de 15 ans à son Papy trop tôt disparu.
Texte écrit et lu par Loriane en l'église de Manduel le 16 Juillet 2014.

                                                                                                               Dd


Mon cher Papy,

Ton état de santé s'est aggravé si vite qu'après une longue semaine d'absence, j'ai du mal à te reconnaître. Et dire qu'il y a quelques jours tu savourais un morceau de pastèque assis sur un lit d'hôpital...
Mais te voilà parti pour un monde meilleur; loin de nous certes, mais près de beaucoup d'autres. Alors, j'ai envie de faire partager, aujourd'hui, les instants mémorables que j'ai vécu avec toi.
En tant que première petite-fille, nous passions beaucoup de temps ensemble lorsque tu me gardais. Nous allions à la boulangerie à vélo; tu me tressais les cheveux, tu me préparais mon petit-déjeuner. Ce que j'aimais par dessus tout avec toi, c'était réviser mes leçons. C'était la façon dont tu complétais mes cours en racontant des histoires qui, jamais ne m'ennuyaient.
Et puis tout a commencé; cette maladie dont j'ai suivi l'évolution et qui s'est aggravée rapidement. Et encore la semaine dernière, quand tu étais allongé dans ton lit, je m'approchais de toi, je pouvais te regarder dans les yeux et te sourire, je sentais ta main se serrer dans la mienne et tu y collais ton visage quand je la déposais doucement sur ta joue...
J'adorais m'asseoir sur ton lit et te parler de ma vie, de mes amourettes, de mes loisirs et de mes vacances. Même si je n'avais qu'un regard en guise de réponse.
Mais un matin, tu es resté figé, tes doigts ne bougeaient pas et je ne pouvais plus regarder l'iris vert de tes yeux. Je n'entendais que ta respiration, entrecoupée de poses de plus en plus longues. Ainsi, pour me consoler, j'enfouissais ma main sous la tienne afin d'y retrouver la chaleur de ton corps.
Et tu es arrivé au bout de la ligne droite que tu suivais.
Je voulais te dire merci. Merci pour toutes ces images que tu m'a laissées et qui me serviront à me consoler. Merci pour les photos que j'ai prises et que je garderai aussi longtemps qu'il le faudra. 
Nous ne t'oublierons pas. Tu vas continuer à vivre à travers les paroles de ceux qui t'ont connu, car nous ne cesserons jamais de parler de toi, de ton parcours, de tes exploits.

Tu vas beaucoup nous manquer, mais une part de moi sait que l'on se reverra.

                                                                                Ta petite-fille     Loriane P.

lundi 30 juin 2014

Plein les yeux

En ce début d'été, quand la rude nature montagnarde a décidé de montrer sa générosité, pour peu qu'on s'en donne la peine, on peut admirer ces éclosions de fleurs multicolores, on peut voir l'éveil d'animaux telle la marmotte, on peut contempler l'aisance du bouquetin ou la grâce du chevreuil.

Pour ce faire nous voilà, invités par un petit groupe de randonneurs, partageant un chalet sis dans la commune de Combloux en Haute Savoie, face au Mont Blanc. Un merci à ce petit groupe de nous avoir adoptés !
La météo est clémente, vu de notre fenêtre, le paysage est magnifique. En position dominante, notre regard sur la belle vallée de Sallanches à Chamonix, nous invite à monter plus haut vers quelques sommets.
C'est ainsi que notre première journée nous mène au parking des Grangettes à une altitude de 1110 mètres. Direction le col du Jaillet, altitude 1723 mètres, en passant par le Châble. La première partie de la montée qu'on qualifiera de sportive est "asphyxiante" pour des organismes mal entraînés, mais le chemin est en parfait état et le balisage très précis. Nous traversons ainsi paturages et forêts aux différents étages de la montagne. A l'approche du col du Jaillet, de somptueux champs de rhododendrons en fleurs illuminent le paysage. A cette altitude, la flore est spectaculaire. Le troll d'Europe est omniprésent ainsi que la renoncule alpestre, la gentiane nous montre ses trompettes bleues. Quel régal !
Pose pique-nique suivie d'une petite liqueur d'Hysope (pour la route), merci Edith.
Les gens de passage nous saluent, contrairement aux promeneurs urbains les randonneurs sont affables et polis, toujours un petit mot, un renseignement ou un simple sourire.
Direction Petit Croisse Baulet altitude 2009 mètres, montée soutenue par un sentier longeant une grande combe. Nous retrouvons ici quatre jeunes randonneurs régionaux fort sympathiques. Notre groupe se scinde en deux, mon épouse et moi-même restons à cette altitude, admirant le paysage, épiant les marmottes et bavardant avec nos voisins (ceux-ci nous offrent même une petite collation de bulles chaudes mais conviviales). Nos amis et amies continuent leur ascension jusqu'au Grand Croisse Baulet altitude 2236 mètres par la continuité du précédent sentier.
Retour vers le col du Jaillet par le même itinéraire, puis bifurcation par un sentier qui nous perd dans la forêt faute d'un balisage adéquat. Après quelques péripéties faites de montées, de descentes, d'avis partagés autour d'une carte peu précise, le tout agrémenté de quelques ondées bien senties, nous voilà parvenus au parking des Grangettes. Retour au chalet pour un repos bien mérité.

Le deuxième jour.
Après la visite de l'Eglise Notre Dame de Toute Grâce du Plateau d'Assy, une petite rando à partir de l'aéro parc de Plaine Joux, montée par le chemin rural des Ahiers à Barmus puis descente par le Chatelet d'Ayères jusqu'au Lac Vert, petit bijou dans cet écrin de montagne. Pour terminer cette belle journée d'été, 19° au thermomètre à Plaine Joux, nous redescendons dans la vallée de l'Arve, 29° au lac de Passy qui nous offre une petite trempette réparatrice.

Le jour suivant nous conduit en direction des Contamines Montjoie, avant le village nous prenons la bifurcation en direction de Bionnassay jusqu'au parking du Crozat altitude 1420 mètres (attention route très étroite, très sinueuse et à double sens de circulation).
Au départ du parking, montée vers le col du Voza altitude 1653 mètres par un chemin assez raide mais carrossable. Ici on croise les rails du tramway  à crémaillère, on continue jusqu'à Bellevue altitude 1794 mètres. Vue sur les Houches et son domaine skiable. C'est à cet endroit que je décide, trop fatigué, de prendre le petit train à crémaillère qui va m'emmener au Nid d'Aigle alors que mes compagnons continuent par le sentier qui les mène vers le glacier de Bionnassay et le Nid d'Aigle. Les tarifs du petit train sont exorbitants, mais tant pis, j'y retrouve les éclopées de notre petite troupe qui sont parties de Saint Gervais. Arrivée au Nid d'Aigle altitude 2380 mètres, face au glacier de Bionnassay, le spectacle est grandiose. C'est le point de départ vers le refuge du Gouter à 3835 mètres pour ceux qui se lancent à l'assaut du Mont Blanc.
Nos courageux amis nous rejoignent au Nid d'Aigle pour le pique-nique.
La descente s'effectue en longeant le rail jusqu'au col du Mont Lachat. Au niveau des ruines  de l'ancienne soufflerie militaire (qui servait à tester des moteurs d'avion en altitude), on prend le sentier à droite qui contourne le mont Lachat pour parvenir à Bellevue. A partir de là, la descente s'effectue en direction du Planet puis du parking du Crozat. C'est dans ce secteur que l'on a pu voir chevreuil, écureuil et rapaces.
Nous retrouvons notre route sinueuse ou nous croisons quelques autochtones équipés de volumineux 4x4 pas très enclins à ralentir.
ici l'eau est limpide
rhododendrons



Lac Vert

Miracle de la nature

Lupins

Depuis le Mont Lachat

Le glacier de Bionnassay

Col du Voza
Et encore merci à tous les participants à cette petite escapade.

Rendez-vous pour un prochain article à l'Eglise Notre Dame de Toute Grâce du plateau d'Assy qui mérite une visite tellement on peut y admirer un condensé d'art moderne peu commun.

Amicalement !

Dd




vendredi 6 juin 2014

Intensification de la prostitution rurale


Lors de mes déplacements routiers, plus particulièrement dans les départements du Gard, de l'Hérault ou des Bouches du Rhône, j'ai pu constater une réelle amplification de la prostitution rurale. Il semble en effet que la migration des populations de travailleurs du sexe des villes vers les campagnes se soit intensifiée lors de la dernière décennie. Les routes nationales et départementales à grande fréquentation se sont vues balisées de filles aux couleurs fluorescentes sans que les responsables locaux puissent intervenir efficacement pour éloigner cette population "indésirable". Ces filles se sont octroyées des petits territoires ruraux faits de parkings ou de chemins entre les champs cultivés; quelquefois agrémentés de pins parasols ou de haies protectrices, ces petits espaces de travail sont sans doute leur lieux de galères. En effet se prostituer n'est certainement pas une sinécure. C'est un esclavagisme permanent et si on y ajoute le risque, la peur, ainsi qu'une hygiène douteuse, on peut sans peine imaginer la misère humaine derrière une bouteille d'eau, quelques lingettes, un paquet de cigarettes et un téléphone portable.
Ceci reconnu, il serait préférable et plus courageux de légaliser et d'encadrer la prostitution, car vouloir l'abolir comme certains le préconisent serait encore plus douloureux pour cette population qui se verrait plus marginalisée et plus soumise. Moins d'espace de liberté pour la prostitution signifie plus de clandestinité, conséquence augmentation de la dépendance et de l'esclavage sexuel.
La prostitution légalisée avec des travailleurs et travailleuses reconnus, des établissements soumis à des règles qu'y a t-il de choquant dans cette démarche ?  Une existence légale avec un emploi légal, des cotisations sociales, des impôts, un suivi sanitaire, une police du sexe encadrant sévèrement cette activité et c'est à coup sûr la disparition des proxénètes et l'éradication des réseaux.
Pour parvenir à cela il faut bien sûr reconnaître que la prostitution ne peut pas être abolie par un simple décret, la rendre par contre légale et sérieusement encadrée serait une bouffée d'oxygène pour ceux et celles qu'on a contraint à vendre leur corps dans des conditions toujours inhumaines.
photo Midi Libre

Il ne s'agit pas d'être pour ou contre la prostitution, elle est une réalité, elle ne va pas disparaître sur une simple dénégation. Et ce n'est pas l'illusion de la sanction de la prostituée ou de son client qui va résoudre le problème.

Dd

jeudi 22 mai 2014

Des Brésiliens en colère


La coupe du monde de football qui doit débuter dans moins d'un mois, préfiguration des Jeux Olympiques de 2016 pourrait s'avérer difficilement gérable pour les autorités du pays. Pourtant les manifestions populaires lors de la Coupe des Confédérations en 2013 avaient sonné comme un avertissement pour les responsables politiques brésiliens. Au contraire, rien n'a été fait pour une meilleure justice sociale. La répercussion sur le coût de la vie de l'homme de la rue par le renchérissement des transports et du logement a déplacé des pans entiers de la population dans les villes devant accueillir les rencontres de football.
Les prix de revient astronomiques des équipements sportifs, comparés aux maigres revenus du peuple ont déclenché la révolte de la rue. A ce titre la peinture murale de Paulo Ito, artiste de rue, qui montre le seul ballon comme repas d'un enfant, illustre parfaitement le sentiment de "colère sociale" qui s'est installé au Brésil.

peinture murale de Paulo Ito

 N'en déplaise à Monsieur Platini, les images des citoyens brésiliens en colère font le tour du monde et jettent encore un peu plus de discrédit sur un sport déjà largement critiqué pour ses débordements en tous genres. Souhaitons que les autorités du pays ne répriment pas ces manifestations avec violence. Déjà que ce sport devenu spectacle business n'a plus grand chose de palpitant, si on y ajoute la violence militaire et les arrestations arbitraires, le voir devenir champ de bataille fera sans doute vomir les supporters brésiliens dans leurs assiettes vides.
Si les dirigeants du Brésil avaient imaginé que le bon peuple leur serait reconnaissant de leur offrir les facéties des champions du ballon rond, ils ont pu constater qu'ils avaient fait fausse route et qu'il faudrait composer avec des contestataires peu enclins à applaudir à deux mains.

Il est bien évident que cette coupe du monde n'est qu'un prétexte et que le mal est beaucoup plus profond dans le pays, et l'organisation des Jeux Olympiques en 2016 risque bien de voir resurgir les mêmes manifestations.

Dd

mardi 20 mai 2014

Petite escapade dans la région de Grenade


Profitant des belles journées de ce printemps andalou, nous voilà en visite à Grenade pour tenter de percer un peu les mystères de cette ancienne cité mauresque aujourd'hui peuplée de 250 000 habitants.

Le coeur de la ville est très accueillant, toujours vivant et animé, jamais inquiétant pour le touriste. Grenade ville étudiante, jeune et vivante, je la qualifierais de convenable pour l'entretien général des rues et des bâtiments. Ville très vallonnée, son joyau l'Alhambra, se situe sur une des hauteurs. En partant de la magnifique Cathédrale, on passe par la Plaza Isabel la Catolica, pour remonter en flânant vers le quartier d' Albaicin. On longe le Rio Darro, on s'enfonce dans le dédale des ruelles et des escaliers du quartier pour finir au Mirador de San Nicolas. On trouve là un magnifique panorama sur la ville et une vue superbe sur l'Alhambra, joyau de la ville, perché sur la colline en face, avec la Sierra Nevada enneigée en arrière-plan. Spectacle assuré ! Au détour d'une ruelle du plus ancien quartier de Grenade, derrière les murs blancs, on peut voir quelques magnifiques patios enrichis des odeurs du jasmin.
On se dirige ensuite vers l'Alhambra en traversant le pont de pierre qui enjambe le rio, on attaque la montée ombragée jusqu'au Generalife, l'ancienne résidence d'été des sultans. On déambule à travers les somptueux jardins d'eaux et de fleurs en respirant les odeurs envoûtantes des magnifiques parterres de roses.
Avant de s'émerveiller des cours et des palais construits et aménagés par les arabes, il faut s'arrêter au Palais de Charles Quint dont la construction remonte au 16éme siècle. Le bâtiment extérieur est un carré de 63 mètres de côté, l'intérieur est un patio circulaire à 2 étages.
Il est important de réserver son billet à l'avance pour la visite de l'Alhambra, tant l'attente aux guichets peut s'avérer longue et pénible. Concernant l'Alhambra, attention les tickets sont valables pour une heure de visite bien précise, ceci afin de limiter le flux de personnes pénétrant simultanément dans l'enceinte monumentale.
Nous voilà à l'intérieur de cette oeuvre colossale.
La Alcazaba : c'est la citadelle originale, véritable château fort, la plus haute tour offre un regard circulaire sur toute la plaine de Grenade. L'intérieur laisse voir l'organisation de ce que pouvait être la médina de l'époque.
Les Palais Nasrides : succession de salles reliées entre elles par des sortes de vestibules.
On passe par La Cour des Lions cour rectangulaire de 35 m de longueur et 20 m de largeur, entourée d'arcades richement décorées et abritant une cour couverte. Le centre de la cour nous montre La Fontaine aux Lions, alimentée en eau par des canaux, son bassin est supporté par douze lions le tout en marbre blanc. Cette fontaine est un des exemples les plus significatif de la sculpture musulmane.
On atteint ensuite La Cour des Myrtes, un des joyaux de l'Alhambra situé au pied de La Tour de Comares et du Salon des Ambassadeurs.
Les Jardins du Partal : avec La Tour des Dames, monument le plus remarquable des Jardins qui se reflète dans les eaux du bassin qui l'entoure. On termine notre visite par les jardins en escaliers, on peut se reposer à l'ombre et tonnelles et admirer la vue sur le quartier de l'Albaicin.




Patio du Palais de Charles Quint


Jardin du Generalife




La Alcazaba avec à droite le Palais de Charles Quint












Palais Nasride


La cour des lions







































L'Alhambra vu du Mirador de San NIcolas

Salobreña
On a décidé de consacrer une journée à Salobreña pour le farniente et la visite de la petite cité balnéaire distante de 70 km de Grenade.
Soleil, mer et baignade. Si le sable grossier a l'avantage de ne pas s'envoler au moindre coup de vent, il a l'inconvénient de brûler cruellement la plante des pieds si l'on n'y prend pas garde. La ville, toute blanche, a la particularité d'être construite sur une petite colline, elle est surmontée d'un château fortifié.







Le télécabine de Pradonallo 
Le lendemain direction la montagne enneigée qui nous montre ses sommets blancs depuis Grenade. La station de ski de Sierra Nevada est située à 32 km de Grenade. En ce début du mois de mai, nombre de pistes permettent encore un ski de plaisir malgré la température ambiante en milieu de journée. Pradonallo le village de base de la station est situé à 2100 m d'altitude, petite balade avec le télécabine jusqu'à Borreguiles à 2635 m d'altitude. Les téléskis peuvent remonter les skieurs jusqu'à une altitude de 3300 m. Le sommet de la Sierra Nevada est le
Mulhacén 3481 m.






Guadix les maisons troglodytes
Une journée consacrée à Guadix située à 60 km de Grenade. Magnifique cathédrale de style baroque, malheureusement fermée, le plaisir de déambuler dans les rues de ce gros bourg atténue un peu l'impossibilité de pénétrer dans la cathédrale. Direction le sud de la ville pour visiter le quartier troglodytique (Las Cuevas), la moitié de la population de Guadix vit sous terre, on y compterait 4000 grottes creusées à même l'argile. La température intérieure reste constante autour de 20° durant toute l'année. Si en apparence on pourrait croire à des trous exigus, l'intérieur dévoile des successions de pièces vastes et agréablement agencées.




Les villages blancs

Une autre journée nous projette vers les villages blancs des Alpujarras, dans la région située au sud de la Sierra Nevada. La particularité de ces villages faits de maisons blanchies à la chaux est leur couverture de toits plats identiques à l'architecture des villages de montagne de l'Atlas d'Afrique du Nord. Ces petites maisons imbriquées les unes dans les autres, accrochées à la pente, laissant passer quelques ruelles étroites, sinueuses et pavées en font des endroits fascinants. Au premier village de Pampaneira, très commerçant et touristique, nous stationnons la voiture pour nous enfoncer dans les passages étroits entre commerces et habitations. La montée vers le village de Bubion se fait par un sentier escarpé, entre oliviers et amandiers avec une vue toujours magnifique sur la vallée et la neige au dessus de nous. La récompense d'une pause boisson tapas au seul bar du village. La proximité de la neige permet à la région une richesse naturelle en eau, les villages fabriquent leur électricité grâce à cette manne.

Notre dernière promenade journalière en Andalousie nous fera divaguer sans but précis à travers la ville de Grenade avant notre retour pour la France.

Dd

dimanche 27 avril 2014

"Le liseur du 6 h 27"


Faire l'éloge ou la critique d'une oeuvre littéraire se révèle être un exercice bien difficile pour un non-initié.

J'ai eu la chance (le cul bordé de nouilles m'a dit ma fille) de lire le premier roman contemporain d'un auteur, que dis-je, un écrivain !

Roman : Le liseur du 6 h 27
Auteur : Jean Paul Didierlaurent
Editeur : Au Diable Vauvert
192 pages
Prix : 17 €
Sortie en librairie le 13 Mai 2014

Résumé :
Guylain Vignolles travaille dans une usine de retraitement du papier entre un chef acariâtre et un collègue envieux. Tous les matins de la semaine en se rendant à son travail, dans le RER de 6 h 27 il lit à haute voix quelques feuillets volés au pilon de la machine. Un jour, il trouve une clé USB remplie des textes de la vie intime d'une jeune inconnue.......

J'ai d'abord posé les yeux sur ce roman sans une vraie conviction. Mais l'histoire racontée avec talent, avec humour m'a entraîné plus loin, page après page j'ai voulu en savoir davantage sur cette jeune fille affublée d'un métier aussi déroutant que le nom du héros principal du roman.
Si le cheminement est parfois déroutant, l'imagination de l'auteur sait nous amener la où il le désire, y compris dans les toilettes publiques pour y découvrir quelques trésors insoupconnés. C'est un peu un monde merveilleux que j'ai dévoré en quelques heures, da la gourmandise sans doute.
Je devais partir en voyage demain et j'avais prévu la lecture du livre durant le trajet. Et voilà ma "gourmandise" va me priver d'une agréable détente, il faut que je trouve autre chose !

Vous l'avez compris, j'ai aimé ce livre et je le recommande sans restriction aucune.
Bravo et merci à l'auteur pour ce bon moment. On attend d'autres oeuvres avec impatience.

Quelques mots sur l'auteur, Jean Paul Didierlaurent habite à La Bresse dans les Vosges.
Comme auteur de Nouvelles il a été souvent primé, il obtient 2 fois le prix Heminway, avec "Brumes" en 2010, il récidive en 2012 avec "Mosquito".
Retenez bien son nom, il devrait s'affirmer dans les années à venir comme un véritable écrivain.

Dd

lundi 24 mars 2014

Les responsables sont les abstentionnistes


Mon coup de gueule va vers ces personnages menteurs qui vous disent la main sur le coeur que les responsables de la montée de ce qu'ils nomment l'extrême droite, est due aux non-votants. Pourtant, n'importe quel esprit un peu cartésien peut affirmer, sans risque de se tromper, que les seuls électeurs qu'on sait qu'ils n'ont pas cautionné le vote extrémiste sont bien les abstentionnistes. Cette propagande accusatrice reprise régulièrement par les politiques frustrés de leurs résultats médiocres, épaulés par des journalistes abrutis et repris en choeur par ceux qui vont déposer leur bulletin dans l'urne, est l'exemple type de la manipulation pour et par le pouvoir. J'ai aussi très souvent lu cette affirmation sur Agoravox, aussi bien à l'intérieur de certains articles que dans les commentaires y attachés.
Cette manoeuvre d'intoxication s'appelle de la désinformation additionnée d'une bonne dose de malhonnêteté intellectuelle. Mais quoi d'étonnant ? Le but d'un parti politique d'aujourd'hui consiste à tenter de conquérir le pouvoir afin de l'exercer. On parle ici de pouvoir, pas de gestion ni de programme. Tout est bon pour parvenir à cette domination.

Si on analyse quelques résultats du premier tour on peut facilement démontrer la supercherie.
Prenons pour premier exemple la ville d'Hénin-Beaumont où Steeve Briois a fait un score de 50,25%, on constate ici que la participation de 64,59% a été légèrement supérieure à la moyenne nationale, il faudrait être un fieffé menteur pour assurer que ce sont les abstentionnistes qui ont élus le représentant du FN.
Restons dans la même région pour le deuxième exemple, Martine Aubry à Lille fait un score de 34,8% avec une participation désastreuse de 47,44%, encore la faute aux non-votants.
Descendons dans le sud, à Saint Gilles dans le Gard, l'avocat Gilbert Collard a obtenu 42,57% avec un taux de participation de 71,66%, sans doute grâce aux abstentionnistes.
A Béziers, Robert Menard obtient 44,88% avec un taux de participation légèrement supérieur à la moyenne nationale, soit 63,56%.
La moyenne nationale de participation se situerait aux alentours 61,3%. Et qu'on ne nous raconte pas, comme tentent de le faire croire certains, que les votes blancs ou nuls jouent un rôle dans ces résultats, dans tous les cas cités ci-avant, ils étaient d'un pourcentage d'environ 2,5%.

Je sais moi aussi manipuler les chiffres façon statisticien, et je peux dire que, sans les abstentionnistes, Gilbert Collard et Robert Menard auraient été élus au premier tour avec respectivement 54.63% et 63,79%. Chacun peut faire le calcul au prorata des voix laissées disponibles par les non-votants. Trop facile....

Personnellement, je ne suis pas un fana du FN, mais lorsque j'entendais Malek Boutih déclarer dans l'émission Mots Croisés qu'il(s) n'accepterait(aient) pas le résultat du vote en cas de victoire de Marine Le Pen. "Si vous gagnez, on ne vous laissera pas faire" c'est la déclaration de Malek Boutih. Seriez-vous facho-démocrate Monsieur le député ? Pour qui parlez-vous et à qui voulez-vous déclarer la guerre ?

Malgré que ce ne soit qu'une élection municipale, la tendance très nette de ce vote du 23 Mars 2014 c'est qu'une énorme majorité ne veut plus de François Hollande et de son gouvernement. C'est bien un vote contre la politique du gouvernement et ce sont particulièrement les électeurs socialistes qui ont sanctionné une équipe incapable d'une orientation claire et novatrice.

Ne soyons pas dupes, rien ne va changer, les mêmes hommes, les mêmes promesses pour les mêmes résultats.

Dd

jeudi 13 mars 2014

Obligation de travaux de rénovation énergétique


Si on a pas de pétrole, certains ont des idées.

La dernière émane de notre ministre(sse) du logement, celle-ci veut que les propriétaires isolent et isolent encore quitte à leur forcer la main. Cécile Duflot a perdu patience, elle veut donc contraindre ces propriétaires irresponsables a isoler leurs logements. Un peu de brutalité dans cette France mollasse ne peut pas nuire, et puis c'est pour leur bien et un meilleur confort. Que diable !

Des récalcitrants !!! Pourquoi y aurait-il des récalcitrants ? Puisque les banques prêteront l'argent à des taux, heu ! encore jamais vus. Puisque vous allez faire des économies de chauffage, que vous allez diviser vos notes de gaz, d'électricité, de fioul par un quotient de euh ! que Dieu seul connait.
Attention tout de même, l'hiver 2013/2014 aura été un hiver très doux, si, malgré une bonne isolation l'hiver suivant était très, très froid, le quotient pourrait devenir un quotient multiplicateur. Horreur et calamité !
Et ce ne sera pas Cécile qui viendra vous aider à payer l'addition. Et si en prime vous habitez Paris, pas question de brûler votre stock de bois dans l'antique cheminée pour alléger votre douloureuse facture de chauffage. Ah ! Vous ne saviez pas mais c'est interdit.

Il y aura toujours une différence énergétique entre un bien immobilier situé dans une zone géographique exposée au nord, sans apport de soleil et voué aux courants d'air froid et le même bien exposé plein sud, sans ombres néfastes et disposant de tous les avantages d'un ensoleillement maximum.


Il serait plus évident et moins onéreux d'entreprendre des travaux liés à l'amélioration énergétique des logements lors de leur construction, lors de la vente ou de l'achat d'un bien immobilier en différenciant sa valeur proportionnellement à la qualité de l'isolation.
Il est bien évident que lors d'un nécessaire changement de chaudière par exemple, le propriétaire doit et va s'ingénier à opter pour un matériel moins énergivore. Lors d'un ravalement de façade, il sera logiquement intéressant financièrement de pratiquer une isolation extérieure appropriée.
Malgré la belle aubaine apparente pour certains corps de métiers, cette contrainte pourrait freiner l'investissement immobilier mais sans comparaison avec une loi restrictive non viable pour les particuliers.

N'en déplaise à Madame Duflot, l'avenir d'une saine rénovation énergétique ne passe pas par la contrainte mais plutôt par une véritable incitation bien visible et sans pénalités.

Dd

mardi 4 mars 2014

Il n'y a pas de gens intelligents


Ma mémoire semble se rire de mes souvenirs effacés. Pas complètement disparus, les souvenirs, mais sans doute enfouis trop profonds au milieu d'un fouillis de lectures hétéroclites, d'idées fumeuses et d'anecdotes inutiles. Rien de rangé dans la masse de mon cerveau. On y trouve au hasard, une multitude de post-it, la plupart illisibles, des myriades de notes jetées là et à demi effacées, et quand même quelques indispensables axiomes culturels bien ancrés, comme gravés dans une matière indestructible. En cherchant bien, j'y retrouve avec joie les bases d'une langue écrite sans génie mais correctement, les calculs nécessaires à la vie courante, la position géographique de nombre de pays ainsi que le mode de vie de leurs habitants, quelques repères temporels de l'évolution humaine et de l'existence de mes ancêtres.
Pas de quoi pavoiser, il n'y a là rien d'original, c'est bien le cas de la moyenne des humains.
Image tirée du blog chantiers-philo

En écrivant ces quelques lignes, j'espérais recouvrer le nom de l'écrivain qui a dit à peu près ceci, je cite de mémoire : "que les gens cultivés n'ont pu hériter que de parents cultivés". Si la culture est un héritage, à quoi sert-il d'apprendre ? Je pense qu'il y a maldonne dans cette manière de l'interpréter.
Que l'intelligence soit un don, un sort auquel on ne peut échapper, tout comme la bêtise d'ailleurs çà me semble incontestable.
Par contre, la culture c'est ce que vous engrangez au cours de votre vie, vous démarrez à zéro, l'environnement, le degré d'intelligence et la soif d'apprendre font le reste. Ceci dit, la culture n'est rien sans une certaine intelligence, c'est elle qui donne un sens aux connaissances accumulées.
Un de mes vieux cousins, très cultivé et très intelligent, qui fut conseiller du Mikado, nous disait toujours :"il n'y a pas de gens intelligents, seuls certains sont un peu moins bêtes". Personnellement je me préfère un peu plus bête que moins intelligent, je trouve la nuance assez sensible.
Selon les critères  de l'écrivain dont j'ai perdu le nom (mais que je sens au bout de mes lèvres, et çà m'énerve) mon vieux cousin n'aurait jamais dû hériter d'une telle culture, attendu qu'il est né dans une famille paysanne montagnarde n'ayant jamais eu aucun ascendant de génie.

On confond donc facilement culture et intelligence.
Imaginez que vous avez tout perdu, plus de mémoire, oublié les acquis, que vous reste t-il ? Votre intelligence... On peut en déduire qu'il n'y aurait pas de culture sans l'intelligence.

La culture telle que pensée par un cercle s'estimant supérieur consiste à briller en paroles et en connaissances souvent superficielles dans l'art, la philosophie, la littérature ou l'économie. Toutes connaissances que tout le monde peut acquérir, il s'agit seulement de bien trier et classer l'information dans un cerveau, fût-il bouché à l'émeri. Ce que, vous l'avez lu plus avant, mon cerveau ne sait pas faire. Mais je m'en moque, je ne fréquente pas cette caste.
Par contre, dans le domaine de la sieste, de la pêche, de la cueillette des champignons et de la reproduction des tortues terrestres, j'en connais un rayon. C'est pourquoi je m'entends socialement bien avec les gens ayant les mêmes centres d'intérêts que les miens. J'ai souvent rencontré et beaucoup appris de personnages qui, s'ils avaient peu de connaissances artistiques, savaient prédire la montée des eaux, savaient soigner un animal blessé, savaient construire une solide maison au bon emplacement et sans l'aide d'un expert.
Mais pas d'inquiétude, je déborde souvent de mon milieu social afin de pouvoir titiller la culture d'autres cercles. Mais trêve de cynisme, j'y trouve aussi mon compte et j'y découvre des personnages intéressants et très cultivés.


Je m'efforce seulement de dire qu'il n'y a pas la culture, mais des cultures, différentes, complémentaires et que toutes sont le résultat d'acquisitions.
On apprend quelques fois beaucoup plus en observant patiemment un animal qu'en parlant avec un humain.

Dd
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lundi 3 mars 2014

Fançois Hollande devrait-il être mis sous tutelle ?


Les conditions de mise sous tutelle doivent constater une altération des facultés de la personne, son évolution prévisible ainsi que les conséquences de cette altération.
Concernant François Hollande, est ce que ces conditions sont réunies ? Oui sans doute ! Si toutefois l'homme peut échapper à la mise sous tutelle, au moins sa politique devrait faire l'objet d'un contrôle total par un conseil populaire représentatif.
Le président semblait pourtant être un personnage visionnaire, avec un programme établi, qui disait publiquement les méthodes d'un redressement du pays. C'était un bon observateur et un analyste très avisé des conditions d'une politique efficace.
Or, on découvre un personnage attentiste, incapable de la bonne décision. Deux ans de pouvoir semblent l'avoir complètement paralysé, entraînant avec lui son entourage. Pour exemple : que penser du Ministre du travail qui déclare placidement "je souhaite qu'il y ait moins de chômeurs en 2014" Monsieur le ministre Sapin souhaite, on hallucine ! Merde !
S'il reste un peu d'énergie à notre président et à ses ministres elle est utilisée pour décider de l'entrée au Panthéon de quelques nouveaux occupants, pour s'occuper d'un aéroport improbable ou pour discréditer un député ancien membre de l'extrême droite.
Ce n'est pas l'invention d'un pacte de responsabilité utopique qui va réveiller notre président, on s'en doute.
Rien sur la baisse indispensable des dépenses publiques.
Rien sur la lourdeur des impôts grevant l'activité.
Qu'est devenu l'ennemi du candidat Hollande : la finance ?
Où sont les premiers prémices de redressement du pays ?
On a vu que le problème toujours plus crucial du chômage était pris à bras le corps par Michel Sapin.
Où est la ligne politique du gouvernement ? Le sait-il seulement ? Qui va prendre les décisions drastiques qui vont fatalement s'imposer ?

Décider de batifoler, de rêvasser, de faire des petits cadeaux aux copains, pourquoi pas ! Mais décider de prendre de vraies responsabilités ne semble même pas effleurer l'intelligence de nos élites.

Avant la possible mise sous tutelle de la France, il est vraiment indispensable de se bouger le cul.

Dd



mercredi 22 janvier 2014

La ministre a encore des idées géniales


Najat Vallaud-Belkacem n'est jamais a court d'idées surtout lorsqu'il s'agit de restreindre nos libertés. Comme certains de ses comparses, la voilà de nouveau prise dans un élan euphorico-restrictif. La gente dame, en apparence inoffensive et plutôt sympathiquement lisse, s'avère une redoutable égalitariste. On l'a déjà vu précédemment vouloir imposer le partage équitable du travail, et occasionnellement du salaire, avec l'ennemi : j'ai nommé la gente masculine.

Dans son projet de loi, déjà approuvé par le sénat, sur l'égalité femmes-hommes, l'article 17 veut clairement imposer une police du net en obligeant les hébergeurs ou les FAI à la délation. Ce sont eux qui seront les responsables de la police sur la toile. Si des contenus négationnistes, racistes (çà ne vous rappelle rien ?) ou pédophiles leur apparaissent ou leur sont rapportés, le rôle des hébergeurs ou des FAI sera de le signaler ipso facto à la plateforme de l'office central de lutte contre la criminalité sur les technologies de l'information et de la communication, sous peine de sanction. 
Cà s'appelle la censure.
En clair : n'importe quel quidam jugeant, tel ou tel propos apparu dans un forum ou un article quelconque, négationniste, raciste, homophobe, pédophile ou seulement insultant, voire anti-féministe pourra directement en référer au responsable de l'hébergement afin que celui-ci ferme le site sur le champ avant que la police du web ne le sanctionne. 
Attention Agoravox !!! Je te vois déjà dans le collimateur du gendarme du net.
Les parlementaires demandent le retrait de l'article 17, Najat Vallaud-Belkacem est "totalement opposée au retrait de cet article" le bras de fer entre les députés et le gouvernement est engagé, mais comme à son habitude ce dernier a bien l'intention de le faire passer en force. Attendons l'épilogue !

L'article 2 du projet vaut la peine de s'attarder un minimum. Il s'agit là d'une idée lumineuse de notre ministre bricoleuse visant à inciter les pères à prendre un congé parental en lieu et place de la mère. Ce congé serait prolongé de six mois à la condition que cette extension soit prise par le second parent. Faut-il avoir un vagin esprit si tordu pour pondre de telles lois. Et bien évidemment, rien sur le financement de ce dispositif, notre chère ministre n'en a que faire, ce n'est pas son problème.

Si l'article 5 du même projet de loi concernant l'avortement occupe gentiment le pays par l'intermédiaire de ses médias, c'est pour mieux éclipser l'article 17 discrètement caché en fond de liste.

Par contre aucun projet de loi pour sanctionner les excès du monarque et de sa furie. 
Et toujours la même question, qui paye ?

lundi 13 janvier 2014

La tarte aux brimbelles


S'il est un souvenir de mon enfance qui reste ancré dans ma mémoire, c'est bien les goûters autour de l'immense table qui mangeait la presque totalité de la surface de la cuisine. Je revois précisément cette journée, j'entends encore les cris et les gloussements de joie qui sortaient de nos lèvres quand la tante à François déposait la tarte de brimbelles sur la toile cirée blanche à fleurs rouges.
(Pour les incultes, les brimbelles sont ces petits fruits sphériques de couleur bleu-violacé qui poussent en nombre sur ces petits arbustes appelés brimbelliers, mais certains ignares s'évertuent à nommer ces fruits des myrtilles, des airelles ou des bleuets.) Bof ! Bof ! Bof !
Pour revenir à notre tarte, encore parfait cylindre devant nos yeux affamés. Dans la main qui trace des courbes et des droites au dessus de la table, le grand couteau cranté, il plonge au milieu du cercle et découpe les huit parts équitables. Les huit mains tendues reçoivent chacune une portion, immédiatement portée à la bouche. Les lèvres se colorent, les sourires font voir les dents noircies, même le bout de mes doigts est taché, tout le contenu du plateau est déjà englouti. Hubert attrape le plat à pleines mains, il le porte à ses lèvres et aspire goulûment le jus noirâtre. Quand il repose l'objet sur la table, toute la petite communauté éclate de rire. De part et d'autre de sa bouche, deux sillons noirs encore liquides ont ajouté à la moustache sous le nez, comme deux belles bacchantes façon Zorro.  Ce devait être çà le vrai bonheur sans doute !
Après les éloges sincères à la cuisinière, tout ce petit monde devait se débarbouiller consciencieusement, car la brimbelle est un puissant colorant.

Je n'ai jamais eu de passion particulière pour la cueillette des brimbelles. Certains y trouvaient là leur bonheur, moi je vivais cette cueillette comme une corvée. Je me souviens des dimanches en famille, chacun devait remplir un pot de contenance différente en fonction de sa taille ou plutôt de son âge. Pourquoi les déposer dans un récipient alors qu'il suffisait de s'asseoir dans l'herbe pour déguster les fruits récoltés ? C'était mon opinion et le même conflit revenait à chaque fois !
Mais à cette occasion, mes copains et moi-même, avions récolté les fruits qui garnissaient l'excellente pâtisserie que nous avions mangée.
La veille de la dégustation, chacun muni d'un pot de camp en fer blanc avec un couvercle relié au corps du bidon par un chaîne, nous voilà partis en direction des Feignes. Dans nos sacs à dos, les boissons et le repas du jour. Les herbes hautes, mouillées par la rosée du matin, viennent caresser et mouiller jusqu'à nos genoux. Nous marchons vite, tantôt courant, tantôt stoppant pour raconter, qui une blague, qui une anecdote. Les pots s'entrechoquent dans un bruit de cloches. Quelques mètres en contrebas, un chevreuil effarouché, s'éloigne en sautant prestement, il s'arrête subitement, se retourne inquiet, il nous dévisage, nous jauge, les oreilles dressées. Notre petite troupe est immobile et regarde dans la même direction, pas un bruit, pas un murmure, dix ou quinze mètres nous séparent, le spectacle est fascinant. Je me demande si de son côté, l'animal a la même fascination; j'en doute ! Et puis le cervidé s'éloigne royalement, comme s'il nous dédaignait et disparaît dans le bois.
Nous reprenons notre marche, le soleil commence à réchauffer la végétation quand on arrive au but de notre balade. On se partage le territoire pour la cueillette. Ramener des baies bien mûres et sans feuilles, c'était l'exigence de nos parents, c'est pourquoi nous avons décidé de ne cueillir qu'avec les mains. Nous avions donc choisi de proscrire les rifles qui n'auraient pas su trier les meilleurs fruits. (pour les incultes, la rifle est un gros peigne muni d'une poignée et servant arracher les fruits par poignées)
Notre cueillette brouillonne, bavarde et pas très assidue, nous surprend, zut il est déjà midi ! C'est la pause, on étale le pique-nique. La conversation glisse sur les légendes vosgiennes qui peuplent les montagnes. On éclate de rire à chacune des histoires évoquées.
A l'issue du repas, Michel extirpe de son sac à dos une petite fiole qu'il porte à ses lèvres, il avale une rasade, grimace et la tend à son voisin, c'est ainsi que la bouteille passe de bouche en bouche, quand à mon tour, j'avale ma gorgée, je comprends qu'il s'agit de la gnôle de gentiane. J'ai souvent eu l'occasion de la humer en déposant le nez au dessus du goulot. Et même une fois, à la fin d'un repas familial, j'avais eu l'autorisation de faire un petit canard (sucre trempé dans l'alcool pour les non initiés). Michel a subtilisé la bouteille à son père, Michel a treize ans et nous on en a douze. Pas très habitués à ce vigoureux breuvage, nos corps se rebellent et on assiste à une sorte de danse sauvage à la fois individuelle et collective. Collective car tout le monde semble avoir chopé "la Danse de Saint Guy", individuelle car aucun n'esquisse la même chorégraphie.
Le soleil commence à chauffer, les guêpes et les taons, sentant le sucre, la chair tendre, et peut-être la gentiane, s'invitent à la fête.
Les têtes sont lourdes, la gnôle nous soulève quelques rots tonitruants et odorants. La suite est de plus en plus désordonnée, les récipients tardent à se remplir, déjà certains estomacs tortillent, les jambes se font lourdes, quelques pots sont mêmes renversés, perdus. Mais la troupe est en liesse, pas d'accablement ni de remord.
Il faut pourtant trouver quelque excuse. On se met tous d'accord sur un scénario susceptible de justifier notre faible résultat et notre démarche incertaine.
Les anciens racontent qu'on peut trouver des brimbelles sottes ou brimbelles qui saoulent et on compte là dessus pour tenter d'éviter la correction, en ignorant qu'il ne s'agit que d'une légende. Nos lèvres et nos dents colorées seront la preuve qu'on a mangé des fruits. Les brimbelles avalées étaient-elles sottes ou pas ? Allez donc savoir ?
Forts de notre histoire, mais faibles de nos récipients à demi pleins nous nous en retournons en chantant à tue tête. L'étonnement est total quand personne ne nous questionne, on nous félicite même pour notre assiduité. Décision est prise de confier la totalité de la récolte à François afin que sa tante prépare les tartes et les beignets, qui seront ensuite répartis équitablement.

Si chacun de nous a fait son chemin, je suis sûr que tous se souviennent encore aujourd'hui de cette escapade pourtant si lointaine.

mercredi 8 janvier 2014

Et si on allait faire une virée sur Mars

Préparez votre pyjama et votre brosse à dent on décolle en 2022.


Les amateurs de télé-réalité vont pouvoir s'en donner à coeur joie. Hélas, pour les non convertis, dont je fais partie, on va leur préparer un bouillon des plus indigeste. Un voyage sur la planète Mars, rien que çà ! On croyait pourtant avoir tout vu en la matière, depuis les ados lobotomisés du Loft, au sulfureux voyeurisme de l'Ile de la tentation en passant par la cul-ture façon Nabila pour aller faire une virée exotique et meurtrière vers Koh-Lanta ou les truquages de Pékin Express. Et j'en oublie !

La télé poubelle semble vouloir aller beaucoup plus loin. Une nouvelle émission, lancée en Hollande, nommée Utopia, prévoit dès demain d'enfermer 15 personnes avec deux vaches et 25 poules qui pourront leur servir de nourriture, et ceci durant un an. Si, si...un an ! Remarquez ! on a bien eu La Ferme, mais il s'agissait de célébrités avec pour seul critère de sélection : un cerveau atrophié.

Mais tout ceci n'est que broutille à côté des 24 colonisateurs qui vont s'envoler vers Mars à partir de 2022.
Aujourd'hui 200 000 candidats ont postulé pour cette promenade inter-galactique. Un millier a été présélectionné. Après écrémage il ne devra en rester que 24 pour un aller simple, sans espoir de retour.
Durée du voyage : 7 mois, filmé façon télé-réalité. Au terme du voyage, la caméra va t-elle continuer son inquisition jusqu'à l'extinction physique totale de nos astronautes de pacotille ? Mystère !
Pour peupler la planète rouge, ils seraient bien inspirés d'amener quelques vaches et quelques poules, ainsi qu'un ou deux chiens, ces derniers leur seraient sans doute utiles depuis que l'on sait que, dernière découverte scientifique de la plus haute importance, les chiens défèquent selon un axe Nord Sud. "Ben merde alors !"
Mais revenons à nos spationautes et à leur épopée sans retour imaginée par des esprits supérieurement intelligents, capables de prévoir et baliser tous les aléas du futur et palpitant voyage. Ils se sont sans doute inspirés de la nombreuse filmographie traitant du sujet.

Cette expédition culturelle dans l'espace, c'est La soupe aux choux inversée et revisitée façon télé-réalité, quel bonheur en perspective pour les fans de ce type d'émission.

"Mars One" promet de financer ce projet de 6 milliards de dollars grâce à la télé-réalité : belle fumisterie !