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jeudi 9 octobre 2014
Quelle ingratitude !
Fidèle à notre vieille amitié de plus de quarante ans, je tentais d'instruire de mon point de vue les carences de Sophie, comme je le fais presque tous les jours depuis notre première rencontre.
J'avais lancé cette conversation un peu comme un jeu. Puis c'est moi qui me suis pris au jeu. Tout d'abord, je lui disais qu'elle était chanceuse de se prélasser ainsi au soleil sans rien faire. Je lui reprochais gentiment de devoir lui fournir tout ce dont elle avait besoin pour survivre.
Tiens ! Parlons-en de sa nourriture : mademoiselle attend toujours qu'on lui serve son repas et sa boisson, alors que sa principale occupation s'appelle "farniente".
En compensation de son oisiveté maladive, je dirais que son estomac a peu d'exigences ; c'est vrai que quelques salades et quelques fruits lui suffisent. C'est sans doute un peu ma faute si elle se comporte ainsi, à l'avenir, je devrai remédier à cet état de fait.
C'est précisément ce que je lui expliquais patiemment en lui tendant une magnifique figue, que j'avais pris soin d'ouvrir en deux morceaux pour qu'elle puisse la saisir facilement dans son bec. C'est alors que l'ingrate Sophie, ma vieille amie testudo, me tourna le dos avec dédain, en dandinant sa lourde carapace jusqu'à l'intérieur de sa tanière.
Dd
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Bof
mardi 30 septembre 2014
Monsieur Sénat penche à droite
Attention, la chute pourrait être douloureuse !
Monsieur Sénat a pris son élan, le vieux mastodonte, qui se dandinait lourdement d'un pied sur l'autre vient brusquement de basculer à droite. Devinez ce qui lui arrive ? Trop vieux et entraîné par le poids de son ami Monsieur Alzeimer, ils ne savent comment le redresser. Mais à quoi bon, l'ancêtre serait capable de s'écrouler piteusement à gauche, à moins, chose horrible, qu'il ne plie sur ses vielles jambes variqueuses et ne s'écroule de tout son long dans sa vomissure.
De l'avis de certains spécialistes, ce corps bien malade, (sauf les mains crochues et les poches profondes) ne devrait plus survivre très longtemps.
Si l'on n'a pas encore parlé de pronostic vital pour ce vénérable vieillard, certains glissent en coulisse que la sénilité du personnage est irréversible. S'il devait continuer à s'écrouler lamentablement à droite, certains rebouteux ont parlé de piqûre ou d'euthanasie libératrice.
Mais, comme on vient de lui faire quelques pansements capables de repousser sa déchéance aux calendes grecques, on va devoir le supporter et le nourrir ad vitam æternam. Et Dieu sait que la profondeur de ses poches lui permettent d'enfouir de belles réserves, en prévision d'hivers moins cléments. Un conseil, planquez votre casse-croûte, ce vieux débris serait assez habile pour vous l'ôter de la bouche.
Seule la tête du mastodonte avait Bel-allure, et ces cons viennent d'embaucher le meilleur chirurgien-démonteur-esthétique, pour pratiquer des injections massives de botox et autres graisses, afin d'obtenir un Gérard joufflu et double-mentonneux. Mais suis-je idiot, vous connaissez déjà cette avenante frimousse !
Je crois que le nouveau Monsieur Sénat va retrouver ce petit coup de fourchette qui lui a tant manqué pendant sa courte période ascétique, et qu'il va pouvoir satisfaire l'appétit de ce vieux corps flasque et volumineux.
Rappel : (source Le Monde)
- 335 millions d'euros : budget annuel du sénat
- 920 000 euros par sénateur annuellement
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Bof
dimanche 28 septembre 2014
Honorine
Ma grand mère était une vielle dame laide et acariâtre. Par bravade, je plantais mes yeux dans son regard pervers et soutenais l'éternel rictus provocateur qui laissait voir les quelques chicots de sa bouche haineuse. Pour parfaire le tableau, elle était affublée d'un zozotement qui égratignait mes oreilles. Par contre, la qualité et le bon goût de ses toilettes tranchait avec la difformité générale d'un corps voûté et tordu, même torsadé je crois ! Le déplacement, d'une vivacité inouïe pour une telle carcasse, jamais assistée d'aucun point de soutien, tenait presque du miracle et occasionnait des claquements et des grincements qui résonnent encore aujourd'hui à l'orée de mon oreille.
Je sais, peinte de la sorte, vous pensez que ma grand mère me détestait ! Eh bien non ! Elle m'adorait, et je tentais ou je faisais semblant, de lui rendre sa sollicitude à mon égard.
"Ne m'appelle pas grand mère, appelle moi Honorine ou Norine si tu préfères" me disait-elle à chacune de mes visites.
En ce Mercredi d'Avril, alors que je pénétrais dans la propriété d'Honorine de Beauregard, une galopade suspecte me fit sursauter. Je stoppai net et l'ouïe aux aguets, j'entendis nettement le bruit d'une chute suivie d'un cri douloureux. Je me précipitai à l'intérieur de la maison en hurlant "Honorine". C'est en pénétrant dans le grand salon que je la découvris. Elle gisait sur le tapis Persan, une grosse tâche de sang entourait son corps. Je m'approchai doucement, trop inquiet pour toucher un cadavre ainsi vrillé sur le sol. Je m'assis dans le canapé, les coudes posés sur les genoux et la tête enfouie dans les mains, je me mis à pleurer.
C'est alors qu'un grognement suidé fit trembler mon tympan. C'était Honorine qui émergeait d'entre les morts, c'est du moins ce que je pensai à cet instant. Elle me vit et me fit signe d'approcher. Elle cracha un morceau rouge sanguinolent. Articulant difficilement, elle me donna l'ordre de courir à la proche gendarmerie et de ramener les forces de l'ordre en faisant attention de ne pas tomber sur les voyous qui l'avaient agressée. Je vis du sang couler abondamment au coin de sa bouche, lui portai un mouchoir et l'aidai à s'asseoir sur une chaise. Avant de quitter les lieux, je captai son regard, il était triomphant et le rictus était presque un sourire.
Environ une heure plus tard, de retour avec les gendarmes, on entendait des hurlements et des ricanements bien avant de pénétrer dans l'enceinte de la propriété.
Dans le grand salon, ma grand mère, armée d'un fouet de vacher lacérait lourdement le dos de deux gaillards saucissonnés à même le sol.
Le premier souffre d'une fracture à la jambe gauche, d'une deuxième fracture à l'avant-bras droit et de nombreuses coupures et hématomes, le second a dû subir une greffe : il lui manquait une joue entière.
Dd
Je sais, peinte de la sorte, vous pensez que ma grand mère me détestait ! Eh bien non ! Elle m'adorait, et je tentais ou je faisais semblant, de lui rendre sa sollicitude à mon égard.
"Ne m'appelle pas grand mère, appelle moi Honorine ou Norine si tu préfères" me disait-elle à chacune de mes visites.
En ce Mercredi d'Avril, alors que je pénétrais dans la propriété d'Honorine de Beauregard, une galopade suspecte me fit sursauter. Je stoppai net et l'ouïe aux aguets, j'entendis nettement le bruit d'une chute suivie d'un cri douloureux. Je me précipitai à l'intérieur de la maison en hurlant "Honorine". C'est en pénétrant dans le grand salon que je la découvris. Elle gisait sur le tapis Persan, une grosse tâche de sang entourait son corps. Je m'approchai doucement, trop inquiet pour toucher un cadavre ainsi vrillé sur le sol. Je m'assis dans le canapé, les coudes posés sur les genoux et la tête enfouie dans les mains, je me mis à pleurer.
C'est alors qu'un grognement suidé fit trembler mon tympan. C'était Honorine qui émergeait d'entre les morts, c'est du moins ce que je pensai à cet instant. Elle me vit et me fit signe d'approcher. Elle cracha un morceau rouge sanguinolent. Articulant difficilement, elle me donna l'ordre de courir à la proche gendarmerie et de ramener les forces de l'ordre en faisant attention de ne pas tomber sur les voyous qui l'avaient agressée. Je vis du sang couler abondamment au coin de sa bouche, lui portai un mouchoir et l'aidai à s'asseoir sur une chaise. Avant de quitter les lieux, je captai son regard, il était triomphant et le rictus était presque un sourire.
Environ une heure plus tard, de retour avec les gendarmes, on entendait des hurlements et des ricanements bien avant de pénétrer dans l'enceinte de la propriété.
Dans le grand salon, ma grand mère, armée d'un fouet de vacher lacérait lourdement le dos de deux gaillards saucissonnés à même le sol.
Le premier souffre d'une fracture à la jambe gauche, d'une deuxième fracture à l'avant-bras droit et de nombreuses coupures et hématomes, le second a dû subir une greffe : il lui manquait une joue entière.
Dd
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Bof
dimanche 17 août 2014
Le vieux reposoir
Si j'avais le don de parole, je pourrais vous en conter des histoires.
Je suis le vieux banc de bois, je ne sais plus qui m'a installé là, vers le milieu du siècle passé.
Je crois que c'était le vieux Fernand le garde-chasse, avec Isidore le cantonnier. A l'intérieur du deuxième virage en épingle du chemin qui monte vers le lac, ils m'avaient adossé au bloc de granit qui me protégeait des vents mauvais.
Offert aux promeneurs, j'ai soupesé plus d'un séant, du plus fin au plus volumineux.
Si j'ai souffert quelques fois, c'est moins des masses me chevauchant que des fortes effluves que dégageaient certains corps odorants. Ceux-ci en rajoutaient très souvent de quelques gaz tonitruants dont l'écho se propageait à travers la forêt et dont je gardais l'entêtant souvenir jusqu'à la prochaine pluie.
J'ai chassé de ma mémoire les vilains qui m'ont torturé et défiguré pour y laisser une marque ou une empreinte. Heureusement, le temps a creusé des rides dans ma chair, qui se sont mêlées aux estafilades des silex et autres tranchants.
Une fois, on a même déversé un liquide fort odorant et on a tenté de me brûler vif en dansant et en beuglant autour de mon tombeau. Mais, si j'ai changé de couleur, je suis toujours là pour recevoir quelque rare sportif fatigué ou quelque poète contemplatif.
Mes meilleurs souvenirs vont vers les enfants lorsqu'il grimpaient sur mon dos ou sautaient sur mon ventre solide en riant. J'ai pleuré une fois avec un petit Emilien qui a glissé sur mon écorce et s'est fracturé l'avant-bras.
Il est des histoires que je ne pourrais pas raconter et d'autres qui m'ont fait tordre de rire. Des monologues incompréhensibles pour un fayard gisant et peu cultivé. Des confidences susurrées sur mon tronc qui m'ont vu rougir. J'ai même dû quelques fois servir de paravent à des effeuillages spontanés et de soutien sans confort a des plaisirs bruyants et non dissimulés.
Combien de couples se sont reposés sur ma carcasse, des centaines, des milliers peut-être ? Combien de promesses échangées, tenues ou non tenues ? Combien de petits et gros mensonges ? Combien de "Tu te souviens du banc, si on refaisait la même chose..." ?
Il me reste en mémoire la visite de cet adolescent boutonneux ; il tenait dans ses bras un petit faon né sans doute de la journée. Il avait posé le petit animal craintif sur mon dos et s'était assis à son côté. En lui parlant doucement, il tentait de le nourrir d'un peu de son goûter, ce que le faon refusait bien sûr. Visiblement, ces deux là ne se comprenaient pas !
Quand on entendit un cri rauque, plaintif et puissant, auquel répondit un faible piaulement, l'enfant apeuré prit ses jambes à son cou et détala le long du chemin. La mère du petit, l'oeil inquiet, les naseaux en avant, les oreilles pointées vers le haut, arriva ainsi au chevet de son rejeton.
Sans ménagement, elle le poussa avec son museau pour le faire chuter du confort de mon dos. Lorsqu'il fût étalé au sol, elle l'invita à boire, ce qu'il fit goulûment. Couchés contre l'abri de mon corps, la mère léchant son petit, ils s'endormirent paisiblement. Plus tard je les vis s'éloigner dans les derniers rayons du soleil, le petit faon titubant et chutant, puis se relevant entre les jambes de sa mère.
J'ignore pourquoi, mais la nuit qui suivit cet événement, j'ai eu peur du noir. Etonnant, n'est-ce pas pour un meuble né en forêt et ayant toujours vécu dans cet environnement !
Chaque fois que me revient cette anecdote, je ne puis retenir les quelques larmes de sève qui me nourrit encore.
Aujourd'hui, je suis vieux, fatigué et vermoulu, personne ne s'arrête plus pour me faire un brin de causette.
Le rocher de granit a été extirpé de son emplacement par de gros engins et je reste seul, exposé à tous les vents.
Le chemin qui mène au lac a été goudronné voilà déjà une dizaine d'années. Lorsque les voitures, à la sortie du virage accélèrent brutalement, je reçois leurs émanations nauséabondes, je pue, je dépéris.
Si seulement Fernand et Isidore pouvaient revenir pour finir le travail proprement !
Dd
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Bof
mercredi 29 janvier 2014
Vends scooter Piaggio, comme neuf !
Je vends mon scooter 3 roues de marque Piaggio.
Très peu roulé, environ 1,5 km, 3 ou 4 fois par semaine pour aller faire mon petit numéro au cirque du coin.
- J'ai ici plusieurs casquettes, je suis le patron de la ménagerie, mais aussi le clown équilibriste qui fait rire ou pleurer, c'est selon !
Et le soir, quand je peux, je vais faire la lecture avec la nouvelle petite artiste du cirque qui comble mes lacunes littéraires, et que j'ai logée dans la caravane d'un de mes parrains.
Très bon état général, le scooter, à part quelques coups sur la carrosserie, portés par les petits poings serrés d'une mégère excitée. Démarre au quart de tour et sait se faire discret et même furtif.
Ce véhicule me rappelle de trop mauvais souvenirs, c'est pourquoi je désire m'en séparer à un prix défiant toute concurrence. Suite à la demande impérieuse d'un copain plus ou moins bourguignon et un peu guindé (pas mon genre), je dois acheter un véhicule identique de marque Peugeot. C'est mieux dit-il !
Dans une précédente vie j'ai été possesseur d'une 406, je vous dis pas les emmerdes. Tous mes potes y z'avaient tous des belles bagnoles italiennes ou allemandes(d'ailleurs elles ont toutes été volées, bizarre), moi je laissais traîner mes clés partout, dans l'espoir ! Même qu'une fois y ont cambriolé mon modeste appartement, ils ont tout piqué, sauf : devinez ? Et pourtant le porte clé était bien en évidence, si, si, je vous assure ! Remarque quand mon appart a été en réparation, j'ai pu coucher dans la 406, merci Peugeot ! C'est pas qu'elle soit super confortable, mais c'est toujours mieux qu'une porte cochère.
Putain, pourvu qui tombe pas en panne au milieu du boulevard le scoot ! J'serais pas dans la merde ! Je sais même pas où est le moteur. Je devrais peut-être en acheter deux d'un coup. Un sous mon cul et l'autre qui me suivrait. Faut qu'j'en parle à mon comptable, histoire de savoir si çà peut passer dans le budget, moi j'y connais rien, je lui fais confiance. Si y me dit "vas y mon gros", je fonce.
Appelez moi au 751919, c'est mon numéro perso, si c'est une voix féminine qui vous répond (c'est pas moi), je vous en prie raccrochez immédiatement, elle m'aura piqué mon téléphone.
Ah au fait ! Pas de chèque même certifié, liquide uniquement.
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Bof
lundi 23 décembre 2013
Et pourquoi pas les Hautes Vosges ?
Je crois que cette fable m'a été inspirée par une personne dont j'ai oublié le nom; mais dans un silence flou je revois son prénom : Aloïs !
Après de longues et palpitantes réflexions, suivies de courtes et douloureuses hésitations, de renseignements en repérages, de résolutions en renoncements, me voilà au point de non-retour.
En adulte responsable, soucieux de ma santé et de mon bien-être, je suis enfin décidé, je quitte la pollution pour apprendre à respirer l'air pur des montagnes. Cette fois, la grande décision est prise !
20 juillet
Sous une chaleur étouffante, les déménageurs ont rempli le camion.J'ai vu perler quelques larmes discrètes sur les joues de ma vieille et attachante voisine.
J'ai partagé un dernier repas avec les voisins venus m'aider à vider l'appartement.
21 juillet
Mon nouvel Eldorado : les Hautes Vosges, plus particulièrement le village de La Bresse.
Six heures du matin, départ du camion pour une "promenade" de quelque 700 kilomètres. Je retrouverai mes déménageurs ce soir au terme du voyage.
23 juillet
Chaque meuble a trouvé sa place ! Je suis enfin seul ! Lever à six heures, le soleil est là, effleurant le sommet de la montagne. Assis sur le balcon, je contemple le paysage. Ce pays est vraiment magnifique, mes yeux rivés derrière les jumelles, cherchent un repère, une curiosité, un chevreuil ou un chamois. Ils détectent un petit troupeau, ce sont des vaches noires et blanches, on distingue le son de leurs cloches. Je sens que je vais me plaire ici !
Le petit déjeuner avalé, j'enfile mes chaussures pour ma première balade de repérage. J'ai déjà pris goût à ma nouvelle vie.
19 septembre
L'été se termine doucement ! Au soleil, la rosée du matin donne une texture étonnante au paysage qui défile sous mes yeux. Les feuilles des arbres, encore bien vivantes, préparent un mélange de couleurs qui va ravir mes yeux jusqu'à leur chute complète.
J'ai noué quelques contacts avec mes voisins les plus proches. Ce matin on m'a convié à une sortie cueillette de champignons. On emmène le pique-nique, on va se régaler, malgré le soleil qui joue à cache-cache avec les nuages. Si la pluie devait nous gâcher la journée, on fera halte au refuge du Collet de l'Etang ou à celui des Champis pour notre petite collation.
10 Octobre
Les arbres ont pris une teinte beaucoup plus uniforme, le soleil s'est fait timide, le gris foncé est devenu couleur dominante. Ce matin, trois chevreuils, sont venus brouter les fleurs de mon voisin. Il est furax ! Comment peut-on avoir la moindre rancune contre des animaux si paisibles et majestueux ?
C'est mon anniversaire et j'ai convié quelques collègues de travail et quelques voisins pour un pot amical.
Malgré le temps exécrable, la soirée a été réussie et bien arrosée. J'ai eu droit au baptême de "l'étranger" : quelques drôles de breuvages qui ne me sont pas familiers. En particulier, les gnôles de toutes sortes de fruits et plantes sauvages dont j'ai oublié le nom. Peut-être en ai je abusé ? Si, si, je me souviens de la gentiane, un goût abominable de terre vieillie, d'ailleurs je la rotais encore le lendemain matin.
Petite précision : par acquit de conscience et surtout pour évacuer tout doute, j'ai, plusieurs fois je l'avoue, re-goûté le breuvage et ma foi je le trouve, euh ! dangereusement viril et aussi dangereusement "goûteux" qu'indigeste.
7 novembre
Le bonnet, le manteau, les gants et les chaussettes de laine ne sont pas du luxe. Tous les matins, séance de grattage des vitres. La voiture proteste vigoureusement a chaque sollicitation de démarrage. Quelques routes piégeuses m'annoncent un hiver précoce.
Ah l'hiver ! Je l'espère, je l'attends avec impatience. Au sol, le matelas n'est pas encore blanc, c'est la feuille morte qui craque sous la semelle. Pour le chasseur d'images que je suis devenu, l'approche du gibier est rendue plus délicate.
22 novembre
Le temps hésite entre pluie et neige, et puis le soir, dans la lueur des lampions et des phares, on voit d'épais flocons traverser la lumière et se déposer doucement sur le sol. Enfin, il neige ! Cette nuit là, mon sommeil fût agité.
23 novembre
Je me réveille très tôt, j'ouvre les volets et....miracle ! Tout est blanc. Féerique ! Je sors, je palpe la neige, la respire, la porte à mon visage, à ma bouche. Je suis aux anges ! Vite j'avale mon café, vite je me lave, vite je m'habille.
Déjà mon voisin s'active à déneiger l'accès qui va de la route à son garage. La neige est lourde et collante, elle se prête bien à la formation de boules. Je commence les "hostilités" et je reçois très vite une volée de boules de neige qui viennent s'écraser sur et autour de moi. Des renforts sont venus des villas environnantes.
Mais il faut déneiger pour pouvoir atteindre la route, ce à quoi je m'attelle, mais la neige colle à la pelle. La tâche s'avère fastidieuse et épuisante et, cerise sur le gâteau, le chasse-neige profite de son passage pour nous doubler la besogne.C'est anéanti que je quitte la maison à 8 heures pour me rendre au boulot. Pourvu que les routes soient bien dégagées et que la voiture reste docile ! Demain j'irai faire poser des pneus neige !
20 décembre
Après une période pluvieuse, la neige tombe de nouveau depuis 24 heures sans discontinuer.
Je redouble d'efforts, la neige s'accumule, 30, 40, 50 centimètres, toujours plus haut lever la pelle, toujours plus loin jeter la neige.
Et ce chasse-neige qui nargue. Quand je rentre chez moi le soir, le bourrelet de neige durcie formée par cet enfoiré m'empêche d'atteindre l'accès à mon garage.
25 décembre
Pluie, pluie et re-pluie. La neige boueuse coule le long des routes, marcher au bord de la chaussée relève de l'héroïsme, tant les véhicules vous éclaboussent des pieds à la tête à chaque passage. Joyeux Noël !
20 Janvier
Abondantes chutes de neige ! Marre du blanc, marre de lever les genoux jusqu'au menton pour faire le tour de la voiture. De toute manière, celle-ci ne peut plus bouger, elle est ensevelie. Et l'imperturbable chasse-neige qui s'amuse à faire ses bourrelets.
9 Février
Le tapis est toujours blanc, les routes sont praticables, mais il gèle à pierre fendre depuis huit jours et huit nuits. Canalisations du sous-sol gelées, quelle poisse, pas d'eau dans la maison. Le plombier est surbooké, je ne serai pas dépanné aujourd'hui. Galère !
10 Mars
La neige nous quitte doucement pour laisser place à des prés gorgés d'eau, pas un bourgeon, pas une fleur, juste une herbe couchée, comme vautrée dans la boue.
Ce matin, sans que je puisse l'éviter, un brocard est venu s'emplâtrer dans ma calandre. Le salaud est parti en gueulant comme un putois, même pas pu faire un constat. La dépanneuse plus la réparation, çà va me "coûter bonbon".
1 avril
C'est pas un poisson, je récupère seulement ma bagnole contre un joli chèque et le garagiste me dit qu'elle commence à être attaquée par la rouille. C'est vrai que derrière le chasse-neige il y avait toujours ce moulin à café qui jette du sel du matin jusqu'au soir et tous les jours de la semaine et du mois.
Quelle merde !!!
3 juin
On a eu droit a la période des jonquilles, quand tous les citadins déboulent en fin de semaine pour cueillir leurs bouquets. Les envahisseurs sans vergogne prennent la campagne pour leur poubelle. J'en ai même surpris tentant de garer leur voiture devant ma porte de garage. Imaginez la sérénade que j'ai pu leur jouer !
J'aime pas les doryphores et j'aime pas le jaune.
Maintenant les paysans commencent les foins. C'est la période de prédilection des taons. Encouragés par les vaches qu'ils accompagnent toujours, ils ont pris l'habitude de m'attaquer comme du vulgaire bétail. J'ai l'impression de sortir d'un séance de pose de ventouses.
Et ces vaches qui défilent sous mes fenêtres matin et soir en beuglant et en chiant copieusement. J'en ai marre ! Et puis çà pue !

30 juin
J'ai appelé les déménageurs ! Demain je retourne à Nîmes !
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Bof
lundi 17 juin 2013
Réflexion Testudo
Si je m'exprime en son nom c'est parce que j'estime être le plus qualifié pour narrer son histoire.
Mon amie répond au joli nom de Donaldyne et se trouve être dans sa quinzième année. Depuis déjà trois ans elle a atteint l'âge adulte. Elle est, comme vous vous en doutez, de sexe féminin. Elle pèse presque deux kilogrammes et mesure une vingtaine de centimètres. Elle a cette lenteur hâtive "mora mora" de la race des testudos hermanni hermanni, plus communément nommées tortues de hermann.
Si avec elle, j'entretiens des rapports privilégiés et quelques fois houleux, c'est sans doute que Donaldyne m'avoue une totale confiance, c'est du moins ce que je croyais jusqu'à ce jour.
Pour préciser nos relations, revenons quelques années en arrière. Donaldyne, née reine de sa race s'est toujours efforcée d'assurer la bonne entente entre tous les membres de sa communauté. Alors que juvénile elle accomplissait des prouesses physiques peu communes, j'ai découvert avec stupéfaction qu'elle pouvait déjà raisonner sur les comportements et l'avenir de ses congénères. J'ai donc décidé de la former à la culture dite "humaine". Pour ce faire, je la conviais régulièrement à nos différents débats entre amis et souvent elle s'intéressait aux informations économiques et politiques diffusées par nos médias. Ses réflexions et ses opinions tranchées faisaient d'elle un interlocuteur redoutable car très averti des questions sociétales.
C'est alors qu'elle a traversé sa période féministe, gauchiste, progressiste. Depuis son entrée dans l'âge adulte, nos divergences d'abord cordiales, sont devenues de plus en plus houleuses. C'est ainsi que contrairement à ses consoeurs, Donaldyne se refuse à tout compagnon, elle prétend n'être pas prête à supporter une grossesse annuelle comme sa soeur Oscardyne. A cause de l'impossibilité de lui faire entendre raison, notre relation s'est détériorée. Je lui reproche son comportement égoïste, elle me qualifie de machiste.
Dans un moment de lucidité, sans doute, elle m'avoue que les manifestations houleuses des pros et anti-mariage pour tous commencent à lui échauffer les esgourdes et qu'elle a décidé de retourner à sa condition animale. Ce qui, dans l'instant, me fait juste sourire !
Et puis, sans même m'avertir, sans m'avoir donné le moindre petit indice, voilà que ce jour de Juin 2013, en me tournant délibérément le dos, elle creuse son nid pour y déposer sept oeufs. Sans un cri, sans un murmure, elle referme soigneusement le terrier et s'en retourne dédaigneusement vers ses acolytes.
Aurait-elle compris que la condition reptilienne n'a rien à envier à la condition humaine ou se défierait-elle de ma confiance ?
Mon amie répond au joli nom de Donaldyne et se trouve être dans sa quinzième année. Depuis déjà trois ans elle a atteint l'âge adulte. Elle est, comme vous vous en doutez, de sexe féminin. Elle pèse presque deux kilogrammes et mesure une vingtaine de centimètres. Elle a cette lenteur hâtive "mora mora" de la race des testudos hermanni hermanni, plus communément nommées tortues de hermann.
Si avec elle, j'entretiens des rapports privilégiés et quelques fois houleux, c'est sans doute que Donaldyne m'avoue une totale confiance, c'est du moins ce que je croyais jusqu'à ce jour.
Pour préciser nos relations, revenons quelques années en arrière. Donaldyne, née reine de sa race s'est toujours efforcée d'assurer la bonne entente entre tous les membres de sa communauté. Alors que juvénile elle accomplissait des prouesses physiques peu communes, j'ai découvert avec stupéfaction qu'elle pouvait déjà raisonner sur les comportements et l'avenir de ses congénères. J'ai donc décidé de la former à la culture dite "humaine". Pour ce faire, je la conviais régulièrement à nos différents débats entre amis et souvent elle s'intéressait aux informations économiques et politiques diffusées par nos médias. Ses réflexions et ses opinions tranchées faisaient d'elle un interlocuteur redoutable car très averti des questions sociétales.
C'est alors qu'elle a traversé sa période féministe, gauchiste, progressiste. Depuis son entrée dans l'âge adulte, nos divergences d'abord cordiales, sont devenues de plus en plus houleuses. C'est ainsi que contrairement à ses consoeurs, Donaldyne se refuse à tout compagnon, elle prétend n'être pas prête à supporter une grossesse annuelle comme sa soeur Oscardyne. A cause de l'impossibilité de lui faire entendre raison, notre relation s'est détériorée. Je lui reproche son comportement égoïste, elle me qualifie de machiste.
Dans un moment de lucidité, sans doute, elle m'avoue que les manifestations houleuses des pros et anti-mariage pour tous commencent à lui échauffer les esgourdes et qu'elle a décidé de retourner à sa condition animale. Ce qui, dans l'instant, me fait juste sourire !
Et puis, sans même m'avertir, sans m'avoir donné le moindre petit indice, voilà que ce jour de Juin 2013, en me tournant délibérément le dos, elle creuse son nid pour y déposer sept oeufs. Sans un cri, sans un murmure, elle referme soigneusement le terrier et s'en retourne dédaigneusement vers ses acolytes.
Aurait-elle compris que la condition reptilienne n'a rien à envier à la condition humaine ou se défierait-elle de ma confiance ?
Catégorie:
Bof
mardi 30 avril 2013
Marre de la pluie.
Un rayon transperce le gris,
il me suffit et je revis.
A travers la fenêtre close
je vois la fleur, elle est éclose.
Et le ciel à nouveau assombri
couvre la belle d'un manteau gris.
Un son lointain comme un roulement,
l'orage s'éveille doucement.
L'éclair dans le ciel que je vois
a dérangé le chien, je crois !
Le bruit, si fort et si violent
nous enlace dans l'instant.
De retour au carreau,
mon front regarde l'eau,
elle rebondit, court, ruisselle
et tombe de plus belle.
Fasciné par le tonnerre
qui ne sait plus se taire,
je n'ai pas vu la fleur,
elle plie, chute et puis se meurt.
Catégorie:
Bof
dimanche 28 avril 2013
J'ai failli gagner le gros lot
Triste nouvelle.
Hélas ! il est trop tard, j'ai oublié de réclamer mes huit millions d'euros du super loto, à la Française des Jeux.
C'est con ! C'est dur et c'est ma faute, j'ai paumé le ticket ! Pour une fois que j'en avais acheté un, voilà qu'il s'est fait la malle. L'enfoiré... Et résultat : la date fatidique est passée. J'ai vraiment très mauvaise conscience. Comment peut-on être aussi tête en l'air ?
Résignation.
Le gros coup de blues, la boule au creux du ventre, l'estomac qui pèse une tonne. Et puis ces nuits à transpirer. Et enfin l'obligation de la fatalité, celle qui doit permettre de survivre sans trop de remords.
Putain, mais comment m'arranger avec autant de pognon ?
La peur du vol, les jaloux, la famille, les parasites, les associations, les banques, comment gérer tous ces connards sans perdre totalement le sommeil ?
C'est vrai, une nouvelle voiture pour remplacer la 2CV très fatiguée, c'eût été bien.
Réparer le toit et la façade ne serait pas trop luxueux. Mais peut-être on aurait pu s'acheter une demeure un peu plus fonctionnelle. Et puis faire quelques plaisirs, pourquoi pas ? Mais comment ne pas attirer la suspicion ? L'oeil en coin du voisin, le mépris du commerçant, le sourire réprobateur des amis, toutes ces vexations risqueraient d'être difficilement supportables.
Délivrance
Si au moins ces salopards du loto avaient la bonne idée de donner mes gains à une oeuvre utile et non gouvernementale. Je pense que cette solution serait la plus à même de me mettre en paix avec mon moi.
Et puis, après tout, je m'en balance. Au diable cet argent pas même gagné. Finalement, ce pognon est malsain, il ne pourrait que perturber mon existence.
Avec des si...
Si effectivement j'avais été moins con, j'aurais pu me faire plaisir.
J'aurais bâti des maisons pour les sans abris.
J'aurais fourni des repas à ceux qui ont faim.
J'aurais organisé un Noël géant pour les enfants.
J'aurais rejoint une mission bénévole humanitaire.
J'aurais réussi à créer des asiles pour les animaux abandonnés.
Et puis, encore et encore.... si vous avez des idées lumineuses allez-y c'est sûrement votre jour de chance.
Catégorie:
Bof
mardi 12 février 2013
Vacances d'hiver à La Bresse
La météo et son grand parapluie bleu !
Comme tous bons français prévoyants, avant de partir pour une semaine de vacances vers la montagne, nous consultons les prévisions météorologiques.
Nous avons pour réponse que Phébus et Borée seront nos compagnons.
Si La Fontaine voulait dégarnir son voyageur, nous savions nous, que la pluie, la neige, le vent et le soleil nous obligeaient a de chauds oripeaux.
Dame météo nous disait, heure après heure, la taille du manteau et l'épaisseur du bonnet.
Dimanche
Le voyage, du Sud vers le Nord, s'annonçait des plus réjouissant : d'abord soleil, ensuite pluie et verglas, et enfin neige pour finir.
L'angoisse qui précède cette belle perspective nous obligea presque à renoncer à ces longues et pénibles heures de routes.
Nous partîmes tout de même sous un ciel lumineux, accompagnés par un Mistral assez violent.
Si nous eûmes quelques nuages menaçants à mi-parcours, nous arrivâmes au terme de notre périple de sept heures de route, sans avoir utilisé les essuie-glaces.
Dans l'euphorie de l'après-midi, une de ces petites vicelardes grises nous jeta même un mauvais sort éblouissant !
Pendant notre voyage, Dame météo avait bien "viré sa cuti", mais il n'empêche qu'elle s'était bien fourvoyée sur cette journée précise.
Nous arrivâmes donc, avec un minimum d'encombres, au but de notre Odyssée !
Lundi
Jour de pluie et de neige très mouillée : les prévisions de la Dame peuvent être qualifiées d'assez précises.
Mardi
Dame météo annonce une journée identique à celle du Lundi, mais la pluie a fait place à une neige soutenue.
Je décide avec à propos, de m'élancer vers les pistes de ski.
Et cet après-midi de montées et descentes, sous une neige drue se passe sans problème.
Mercredi
Très grosses chutes de neige, pas de ski aujourd'hui, trop mauvais.
Après ces abondantes chutes de neige, impossible d'utiliser la voiture non équipée, tant pis elle restera au parking.
Jeudi
La journée semble plus mitigée, neige et éclaircies.
Mon après-midi sera consacré au ski.
Madame ira faire une magnifique promenade avec les raquettes avec passage au Lac des Corbeaux.
Vendredi
Dame météo annonce une belle journée. La perspective m'incite a me lever tôt pour chausser les skis.
Ouverture des pistes dans 20 centimètres de neige fraîchement tombée. Un régal !
Matinée exceptionnelle malgré les cuisses et les mollets qui font mal.
Samedi
Promenade en couple pour une belle et mémorable matinée. Bonheur !
La sortie du samedi soir nous ramène vers minuit. Le passage de quatre chevreuils dans la lueur des phares nous stoppe sur la route enneigée. Merveilleux !
Dimanche
Après une longue séance de déneigement et grattage de la voiture, retour vers le Sud sous un soleil éclatant. Température -10° CNous quittons La Bresse !
Dame météo nous annonçait de mauvaises conditions pour notre départ d'escapade, le retour pourrait s'avérer identique. Espoir !
Temps idéal pour rouler sur la première moitié du parcours.
Quelques très faibles chutes de neige sur la suite du chemin sans aucune incidence sur la sécurité.
Le pessimisme de Dame météo, relayé par la radio de bord et les panneaux lumineux des autoroutes, contraste avec la facilité déconcertante du trafic routier.
Afin que nous puissions emprunter notre réseau routier en toute quiétude, Dame météo, puissiez-vous vous quérir d'un batracien de la qualité de la grenouille d'Albert Simon, qui en son temps nous donnait des prévisions réalistes.
Catégorie:
Bof
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